La porte des morts ou veyrine de l'église de Saint-Aquilin
Dans le mur roman de l’église de Saint-Aquilin on peut voir une porte murée pendant la reconstruction de l’église au XVIe siècle.
Dans une église chrétienne, la porte des morts désigne une porte donnant sur le cimetière, à Saint-Aquilin on trouve ce passage donnant sur le cimetière de la paroisse attenant à l’église, la présence de ce cimetière était encore attestée au XXe siècle.
À Saint-Aquilin, cette porte est un passage plutôt réduit, il n'était possible de la franchir qu‘en position horizontale, cela ne posait pas de problème pour passer le défunt. À l’issue de la cérémonie funèbre chrétienne le corps du mort était pris en charge par les fossoyeurs au seuil de la porte, ils ne rentraient pas dans l’église. Ces fossoyeurs n'étaient peut-être pas de ‘’très bon chrétiens’’ puisque l’on peut penser que cette cérémonie semble être la survivance de rites païens du " passage au travers " qui représentait le passage du monde des vivants à celui des morts.
Selon certains auteurs, ces portes des morts sont également appelées veyrines et seraient bien également les vestiges du rite de ‘’ passage au travers ’’ mais cette fois ci pour les vivants, malades, impotents, estropiés, dans un but de guérison, ils rampaient dans ce trou pour renaître à la vie normale.
Dans une lettre du 23 octobre 2000, Serge Avrilleau donne son interprétation : « En définitive je pense qu’en attendant de plus amples informations on doit considérer la veyrine de Saint-Aquilin comme un dispositif rituel de guérison hérité d’antiques pratiques païennes tolérées par l’Église jusqu’à la révolution. »
La porte des morts ou veyrine église de ChantePoule (ChanteGeline).
À la source du Salembre se trouve le petit village de ChantePoule commanderie Hospitalière de Chante-Géline en 1175, actuellement à cheval sur deux communes.
Dans le mur nord de son l’église on peut voir une porte murée qui donnait directement dans le cimetière encore présent actuellement. Cette porte était percée dans le mur roman qui est la partie la plus ancienne, vestige de la toute première construction.
Porte des morts ou veyrine comme à St-Aquilin, cette porte était peut être utilisée pour les deux usages décrits plus haut.
Texte extrait du site " Les Patrimoniales de la vallée du Salembre ", publié dans Mémoire vivante n° 74 de juillet 2026
Ce sujet avait été évoqué dans le Bulletin de la SHAP en 1918, voir l'extrait ci dessous.