Le moulin médiéval de Carsac-Aillac

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Le Moulin Neuf se trouve dans la commune de Carsac-Aillac. Il est installé en dérivation de l’Enéa, affluent rive droite de la Dordogne.

Il a été bâti sur les fondations d’un ancien moulin dont le nom n’est pas connu et que l’on désignera par la suite Moulin Vieux. Il n’en subsiste, en dehors des aménagements hydrauliques, que la pièce basse, désignée également chambre, située en dessous de la crête de la levée. Son plan est rectangulaire, le grand axe étant orienté est-ouest.

La paroi nord de cette chambre, adossée à la levée qui ferme le bief amont, comporte entre autres deux arrivées d’eau visibles à mi-hauteur.

La paroi sud comporte l’escalier d’accès qui débouche sous l’appentis du Moulin Neuf. Elle comporte aussi le canal de fuite qui traverse le Moulin Neuf.

La paroi ouest est constituée par un mur en maçonnerie de pierre sèche bâti sans doute tardivement.

La paroi opposée est ouverte sur une galerie souterraine basse qui constituait le canal de fuite d’un moulin disposant d’une alimentation autonome provenant d’une source.

L’ensemble, bâti en moellons de pierre calcaire, est couvert par une voûte renforcée par plusieurs arcs en anse de panier.

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L’aspect de la maçonnerie et ses discontinuités montrent que la construction a été réalisée par extensions et réaménagements successifs. Apparaissent très clairement dans la partie ouest de la chambre deux coursiers canalisant l’eau ayant animé chacun une roue verticale avec, dans la paroi nord, les arrivées d’eau en provenance de la retenue. Celui situé à l’est est équipé d’une restitution de sa roue, de l’arbre de transmission horizontal et du système mécanique de renvoi sur l’arbre entraînant la meule située autrefois à l’étage supérieur.

Une roue horizontale et son arbre ont été également restitués mais non représentés sur le descriptif graphique. Cette roue en bois, d’un diamètre de 100 centimètres, comporte 16 cuillères dépassant de l’axe de 25 cm.

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‍Il semble logique de penser que l’emplacement situé à l’Ouest comportait un équipement équivalent et symétrique. En effet, la roue Est interdit le passage d’un autre arbre de transmission. Celui-ci devait être installé dans la partie de la chambre condamnée par le mur en pierre sèche. Cette partie est soit détruite soit comblée par des dépôts ou des déblais qui n’ont pas été dégagés.

Plan du moulin de Carsac

Si la roue verticale restituée est en bonne place et pourrait fonctionner, il semble que cela ne soit pas le cas de la roue horizontale dont l’arbre ne traverse pas la voûte.

Les appareillages restitués (roue verticale, roue horizontale et leur système de transmission de l’énergie jusqu’aux meules ou machines) ont été construits par un menuisier local à partir de documents anciens (1).

Aux abords du moulin, à proximité de l’aqueduc alimentant la villa de Saint Rome, se trouvent une ébauche de meule et une meule en cours d’extraction de petit diamètre (50 centimètres environ) qui de ce fait pourraient être d’époque médiévale et destinées au Moulin Vieux.

La Pierre angulaire (texte publié dans "Mémoire vivante" n°14 - juillet 2021)


Notes :  

L’histoire du Moulin Neuf est très bien documentée grâce aux travaux de recherche de Anne Bécheau, historienne, publiés dans un ouvrage sur la commune : Carsac-Aillac : Histoire et Chroniques, éditions Au fil de l’Art. Cette histoire sera détaillée dans un dossier relatif au Moulin Neuf.

  • Le plus ancien document faisant état du Moulin Neuf date de 1483. Il s’agit du contrat passé entre la vicomtesse de Turenne et Etienne Touron, meunier, pour l’affermage du moulin.

On peut en déduire que le Vieux Moulin remis au jour par Alain Périer à la suite des travaux de restauration du Moulin Neuf en 1985 n’était plus en service, voire était ruiné, ce qui autorise à le dater du XIVe, voire du XIIIe siècle, et de le qualifier de médiéval.

On sait que les moulins étaient souvent désignés par le patronyme du meunier qui l’exploitait. Il aurait pu s’appeler Moulin de Touron car il a été exploité depuis l’origine connue par la famille Touron. Toutefois, c’est le moulin situé à son aval qui a pris ce nom (Louron sur la carte de Belleyme).

(1) recherche sur Google : Le Moulin de l’Hortus Deliciarum Mont Sainte Odile Alsace.