À Périgueux, de l'église Charles à l'église Saint-Jean-Saint-Charles
L’église Charles était située Chemin de l’Eglise-Saint-Charles, rebaptisée rue de l’Eglise-Charles, lors de la pose d’une nouvelle plaque de rue au XXe siècle par le maire de Périgueux, Yves Guéna, selon les voeux des historiens locaux.
En effet, selon une tradition populaire, voir une légende, cette église aurait été fondée par Charlemagne en 777 ; le futur empereur y aurait fait jaillir une source de la pointe de son épée qui aurait donné naissance au gouffre du Toulon d’où la construction de l’église.
Elle était située en bordure de l’Isle et du moulin dit de Bourdeilles sur le ruisseau du Toulon et le grand chemin menant du Puy-Saint-Front à Château-l’Evêque, selon un acte de 1347. Cette église est donnée par l’évêque Pierre de Saint-Astier, en 1241, ainsi que ses revenus, aux Dominicains de Limoges lorsqu’ils décident de venir s’installer en Périgord. L’église est à plusieurs reprises ravagée tout d’abord par les Anglais puis lors des Guerres de religion par les Protestants mais chaque fois elle est restaurée.
Au XVIIIe siècle, elle devient un cabaret assez mal fréquenté. Suite à deux assassinats ayant eu lieu dans le quartier et proche de l’établissement, le maire décide, en 1751, d’interdire de tenir cabaret et débit de boisson dans ce bâtiment. Dans la carte de Belleyme, au XVIIIe siècle, elle figure comme église paroissiale désaffectée. En 1828, Joseph de Mourcin la décrit ainsi : une nef d’environ 10 m sur 8,50 m dont les murs gouttereaux sud et ouest ont disparu, un chevet de plan carré, légèrement rectangulaire de 6,11 m sur 5,96 m. On pénètre dans cet édifice par une ouverture d’arc triomphal en plein cintre et de faible largeur.Elle est détruite en 1858.
De nos jours, ne figurent plus qu’une plaque de rue à son nom et un emplacement tout en longueur envahi par la végétation.
L’église Saint-Jean-Saint-Charles est située place du Toulon, à l’angle de la rue Biron et de la rue de l’Abîme.
L’église Saint-Jean-Saint-Charles (cad. AM 137 ) est construite dans le faubourg du Toulon, à la suite de l’augmentation de la population urbaine occasionnée par l’installation des ateliers des chemins de fer du P.O (Paris-Orléans). Le terrain a été offert par M. Bertheau ; une bienfaitrice, Mme Gauthier-Duvigneau, en a assuré, seule, les frais. L’église est bâtie selon les plans de l’architecte diocésain Alexandre-Antoine Lambert, les travaux débutent en 1879 et elle est inaugurée le 27 novembre 1892 par Mgr Dabert. Elle est érigée en paroisse le 10 août 1907, sous le nom de Saint-Jean-Saint-Charles et non Saint-Jean comme l’indique une plaque au-dessus de la porte latérale.
Le clocher-porche ne date que de 1911 ; bâti sur les plans de l’architecte Paul Cocula, il est inauguré le 10 décembre 1911. Il renferme un petit carillon de 4 cloches (Marie – Saint-Joseph – Saint-François-Xavier et Sainte-Lucie) de 60 à 500 Kgs ; le fondeur est M. Monet de Lyon.
Les abords de l’église sont aménagés dans les années 1980 et 2025. Elle est la propriété de la ville de Périgueux et elle a fait l’objet de nombreux travaux en 1992 (couverture, peinture, remise en état des vitraux...)
Le dimanche 27 septembre 1992, sous la présidence de Mgr Poulain, entouré d’une trentaine de prêtres, une très belle célébration a lieu, rassemblant de nombreux habitants ainsi que le Sénateur–Maire Y. Guéna et plusieurs conseillers municipaux. Pour cette occasion on sortit la bannière de procession comportant l’écusson du Toulon et datée de 1892. L’évêque bénit la belle statue de Saint-Jean-Baptiste qui domine le haut de l’église. Une plaque est apposée à l’extérieur sur le mur latéral Est de la nef : « « Voici l’Agneau de DIEU » St Jean Baptiste/Centenaire de l’église/1992/André Bonhomme/sculpteur ».
Huguette Bonnefond
Texte paru dans Mémoire vivante de novembre 2025
Sources :
- Gaillard (Hervé) – Fleury (Clément), Atlas Historique de Périgueux
- Penaud (Guy), Le Grand livre de Périgueux
- La Dordogne Libre
- Courrier Français de Dordogne, 1992 : « Centenaire de l’Eglise du Toulon « La Vie célébrée », article de J.C.P