L'église Saint-Martial de Ribérac

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Vue extérieure

Qui peut s’imaginer, lorsque nous sommes sur la route départementale reliant Tocane-Saint-Apre à Ribérac, que le clocher que nous découvrons, à l’embranchement de Saint-Martial, est celui d’une église du XIIe  siècle qui fut l’église mère de Ribérac.

Dès 1364, il est fait mention de « Sanctus Marcialis de Gallo Tosto »

En 1556, l’église Saint-Martial dépendait de l’archiprêtré de Vanxains et c’était le chapitre cathédral de Périgueux qui nommait le curé. Les registres paroissiaux les plus anciens datent de 1668

C’est par décret de la Constituante du 17 juillet 1790 que les paroisses de Faye, Saint-Martial et Saint-Martin, y compris la collégiale de Notre-Dame de l’Assomption (désaffectée en 1935) ne formèrent plus qu’une seule commune, qu’une seule paroisse : Ribérac.

Cette église, située au bord de la Dronne, est entourée de quelques maisons dont un manoir (appartenant à la Révolution à Joseph Beaupoil de Saint-Aulaire) et d’une fontaine. Souvent abîmée et restaurée, cet édifice a fait l’objet d’une visite canonique le 16 octobre 1688 ; le délégué de l’évêque nota que l’église «  est couverte de lambris, il n’y a pas de vitres aux fenêtres et les murailles menacent ruines ». Un siècle plus tard, un inventaire de 1793 énumère les richesses dans l’édifice alors réparé et consolidé ; malheureusement ces ornements, en particulier un tableau représentant le Christ et, surtout un antependium de cuir argenté, ont disparu. Cette vieille église connut encore des heures fastes. Ainsi, le 10 avril 1871, Mgr Dabert, évêque de Périgueux, foulant une route jonchée de verdure parmi les maisons pavoisées, il bénissait dans la nef et bien au-delà une foule de 1500 personnes.

 

De nos jours, nous découvrons un édifice roman très simple comme nous pouvons en voir lors de ballades en Ribéracois, mais avec un magnifique toit, en tuiles, refait à neuf, suite à l’orage de grêle de 2022 qui s’est abattu sur la région.

Un portail roman simple à 3 voussures permet de pénétrer dans l’église, avec au nord de cette façade un restant de décors géométriques et tout en haut deux ouvertures .

C’est un édifice de plan rectangulaire à nef unique de trois travées ; à l’origine, elle était voûtée et surmontée d’une chambre de défense. Actuellement un lambris a été posé en guise de plafond. A l’intérieur, les murs gouttereaux sont ornés d’arcatures aveugles en plein cintre.Sur le mur nord on remarque  des restes de peintures murales ocres. Quant au sol il est en grande partie constitué de carreaux dits de Beauronne  A côté des fonds baptismaux du XIIe, pend la corde de la cloche. Cette dernière n’avait pas sonné depuis la dernière cérémonie : un mariage en 1976, elle sonne de nouveau depuis le 19 décembre 2005 lors de certaines cérémonies.

Le  chœur s’ouvre sur une abside semi-circulaire coiffée d’une voûte en partie détruite ; il communique au sud avec une chapelle édifiée au XVIe siècle qui possède un vitrail et au sommet d’une colonne une figure sculptée dans la pierre.

Pour lui redonner son lustre d’antan, d’importants travaux de restauration, en particulier de l’intérieur de l’édifice, seraient nécessaires.


Huguette Bonnefond - Secrétaire Générale de la SHAP

Texte paru dans Mémoire vivante n° 76 septembre 2026


Bibliographie :

Pierre Pommarède : Le Périgord des églises et des chapelles oubliées, Pilote24 édition 2002

Guy Penaud : Églises et chapelles en Périgord, la Geste 2023

Guy Penaud : Histoire des communes du Périgord, les livres de l’îlot 2024

Dominique Audrerie : Visitez Ribérac, éditions Sud-Ouest 1990