Histoire du couvent de Saint-Pardoux-la-Rivière
Marguerite de Bourgogne, Vicomtesse du Limousin
À la fin du XIIIe siècle, Marguerite, fille du puissant duc de Bourgogne est vicomtesse du Limousin dont à cette époque Saint-Pardoux faisait partie. Marguerite meurt vers 1290. Pour se faire pardonner ses péchés, elle avait manifesté le désir, dans son testament, de créer un couvent de dominicaines à St Pardoux. L’ordre des dominicains avait pour fondateur en 1216 Dominique de Guzman, moine espagnol envoyé par le pape Innocent III pour convertir les hérétiques du sud de la France appelés Albigeois ou Cathares. Un des premiers monastères de femmes dominicaines créé fut celui de Prouille près de Carcassonne en plein pays cathare.
Fondation du Couvent en 1293
Gérard de Maumont, exécuteur testamentaire de Marguerite de Bourgogne, réalisa le voeu de la vicomtesse, en construisant le couvent de Saint-Pardoux. Le roi de France Philippe le Bel plaça ce monastère sous sa sauvegarde en 1292. Six religieuses du monastère de Prouille arrivèrent à Saint-Pardoux le 29 mai 1293 pour fonder ce couvent. Elles furent accueillies par une foule immense et par Gérard de Maumont qui les conduisit lui-même dans le bâtiment. Parmi ces religieuses, Fine d’Aragon de la famille royale d’Aragon fut la première prieure du monastère.
La vie du Couvent
Les religieuses étaient le plus souvent issues de la plus haute noblesse. Les dons affluaient vers le monastère en particulier les donations de terres. Le monastère disposait ainsi au 14e siècle de plus de quinze grandes propriétés dans la région. Le nombre de sœurs étaient d’environ une trentaine. Parmi les prieures, une des plus remarquables fut Jeanne de Guyenne, petite fille du roi de France Charles VII et nièce du roi Louis XI, qui « régna » sur le couvent de 1498 à 1541, soit pendant 43 ans.
Les bâtiments du couvent
En plus des bâtiments actuellement restant sur le site où se trouvaient les logements des sœurs, la bibliothèque et le réfectoire, il y avait un cloitre construit probablement pendant le « règne » de Jeanne de Guyenne et une grande chapelle de 30 mètres de long qui abritait les tombes des quelques 200 sœurs qui vécurent au couvent ainsi que la tombe de Gerald de Maumont le fondateur.
Le moulin attenant au couvent est encore visible sur le bord de la Dronne. Les sœurs possédaient aussi plusieurs maisons dans le bourg comme l’atteste encore le nom de la rue des dominicaines ainsi qu’une maison rue Maurice Imbert qui était leur prison car le monastère avait droit de justice.
La fin du Couvent
Le couvent souffrit comme beaucoup d’autres des guerres de religion puisqu’il fut pillé par les huguenots en 1566. Fin 1792, pendant la révolution, les religieuses furent expulsées et le couvent vendu comme bien national. 500 ans de vie religieuse se sont ainsi exactement déroulés dans ce couvent de 1293 à 1792 sous la direction successive de 33 prieures. Le couvent devint ensuite pendant quelques années sous la révolution une prison pour femmes. Le cloître a été transporté vers 1818 dans une des belles maisons du village de Saint-Pardoux et demeure ainsi très bien préservé.
Xavier Drago - mai 2021 (texte paru dans Mémoire vivante n°77 d'octobre 2026)